05.11.2008
Aux retraités de l'ANPE
Aux retraités de l’ANPE
Bonjour, chère collègue, cher collègue.
La CGT ANPE a décidé de s’adresser à vous périodiquement, notamment en fonction des grandes questions d’actualité sociale ou relatives à l’Établissement dont vous avez été agent.
D’emblée, nous vous invitons à participer aux manifestations appelées le 16 octobre par l’ensemble des organisations syndicales de retraités, dont l’Union Confédérale des Retraités (www.ucr.cgt.fr), ainsi que par la fédération générale des retraités de la Fonction Publique. Le thème dominant en sera le pouvoir d’achat, en ouverture de la « semaine bleue ».
La situation économique et sociale est inquiétante :
· Le pouvoir d’achat des retraités est en baisse, les pensions sont revalorisées nettement moins que l’inflation (au total, cette année, 1,9%, soit en réel 1,36% lissé sur l’année, pour une hausse du coût de la vie de 3,6%) ; pourtant, ils sont touchés de plein fouet par les hausses des prix des denrées alimentaires, de l’énergie, des dépenses de santé…
De leur côté, les actifs sont soumis au « travailler plus pour gagner plus » ; et le chômage part à la hausse, alors que les salaires stagnent, ce qui pèse négativement sur la consommation et la croissance.
Concernant les retraites, la CNAV estime « qu’à l’issue de 25 années, l’effet de l’indexation sur les prix (au lieu de celle sur les salaires moyens) induit une pension moindre de 20% en montant »…
· La retraite n’est pas une aumône : c’est un droit que chacun s’ouvre ou s’est ouvert en participant à la création des richesses.
Les 13 millions de retraités ne sont pas un « coût », mais aussi un moteur de développement de la société, qui injectent au travers des retraites 200 milliards d’€uros dans l’économie !
· De plus, il semble bien que, pour le gouvernement, tous ceux qui ne travaillent pas ne soient guère dignes d’intérêt. Outre les retraités, il en est ainsi :
Š des allocataires du RMI qui ne toucheront le RSA que s’ils travaillent (comme si cela dépendait de leur volonté),
Š des chômeurs,
Š des malades (qui coûteraient trop cher).
Par touches successives, on s’éloigne d’une société solidaire pour aller vers une société d’assistance minimum aux plus démunis et de couverture individuelle, auprès des assurances, pour ceux qui en ont les moyens.
Les besoins augmentent, y compris grâce à l’avancée de la médecine, les progrès des sciences et techniques, l’allongement de la durée de vie ; qui s’en plaindrait ?
C’est bien sur les ressources qu’on doit agir. Il faut une autre répartition des profits, une autre politique fiscale, dont chaque modification favorise les plus riches, et aussi une autre utilisation des deniers de l’État : ils devraient servir à renforcer le service public qu’à renflouer les banques ou sociétés de crédit mises en péril par le développement de la spéculation financière !
Les revendications du 16 octobre :
· NON à la dégradation du pouvoir d’achat des pensions ; l’UCR CGT revendique 200€ tout de suite, pour tous.
· NON à la dégradation du système de santé et à son coût de plus en plus élevé qui rend l’accès aux soins de plus en plus difficile
· NON à la logique de destruction des services publics (La Poste, l’école etc. - et l’ANPE !)
· OUI à une société solidaire où tous les âges ont leur place.
La crise économique, qui est largement devant nous, aura au contraire comme effet, si on laisse faire, de :
Š réduire les remboursements et prises en charge de la Sécurité Sociale,
Š couper dans les budgets des hôpitaux,
Š moins augmenter les traitements des agents publics, de rogner les pensions de retraite.
La fusion programmée de l’ANPE et des ASSEDIC est à l’image de cet environnement
Si vous êtes parti(e) depuis quelques années des services, vous auriez du mal à reconnaître l’ANPE. Convocations des chômeurs sous prétexte de ne plus générer de files d’attente, concentration des interventions de l’agent sur le seul placement au détriment du projet professionnel et quel que soit le type d’offre… Tout ce dont vous entendez parler par les media, mais en version totalement détournée et fallacieuse, est ou devient réalité, renforcé par l’immense choc que représente la fusion pour les agents.
On peut légitimement se demander en quoi elle améliorera le nombre et surtout la qualité des offres d’emploi enregistrées.
Cette fusion a été largement anticipée par de nombreuses « expérimentations », dont les échanges de personnels entre ALE et antennes ASSEDIC qui préfigurent la mobilité imposée ; c’est, pour nos deux organisations CGT ANPE et CGT Assurance Chômage, très grave pour plusieurs raisons :
ð Elle entame bien un processus de privatisation ; imaginez que dans 40 ans, si rien ne se passe, soit 81 ans après la création de l’ANPE (ce qui n’est, somme toute, pas si vieux), il n’y aura plus un seul agent public dans la future « Nouvelle Institution » fusionnée ANPE-ASSEDIC ; en fait, c’est la mort programmée du service public.
ð Nous sommes persuadés également que, à la veille de la « négociation » de la convention d’assurance-chômage ; l’indemnisation des chômeurs, qui touche déjà moins d’une personne sur deux, est compromise, pour la raison déjà évoquée : la régression se profile vers une « couverture minimale » pour favoriser le développement des assurances privées.
ð L’essentiel de la logique de la « Nouvelle Institution » tourne autour d’un objectif : il ne s’agit pas de répondre « au spectre des besoins » des demandeurs d’emploi – cela, c’est pour les entreprises -, mais de les inciter à accepter un emploi à tout prix, de contrôler, de multiplier les radiations-sanctions. Cette analyse, nous la portons avec la CGT de l’Assurance Chômage, mais aussi avec le Comité CGT des Privés d’emploi.
L’avenir n’est pas plus rose pour les agents actifs de l’ANPE : le statut serait préservé, mais rabougri, voire en « étouffement ».
Deux aspects connexes concernent les retraités de l’ANPE : la « Mutuelle obligatoire » pour les actifs et l’ADASA.
Une « mutuelle d’établissement » obligatoire pour les actifs, facultative pour les retraités.
Tant mieux qu’elle soit optionnelle, direz-vous, j’ai déjà la mienne. Et vous avez raison, puisque l’une des raisons de l’opposition de la CGT ANPE à cette « mutuelle » est justement son caractère obligatoire. Mais en choisissant une telle option, votre cotisation serait très supérieure à celle d’un agent actif : la Direction s’est en effet refusée à toute prise en charge partielle de la cotisation des retraités (idem pour les conjoints et enfants des actifs), avec l’aval de toutes les autres organisations syndicales. Cela sera particulièrement sensible pour les nombreux collègues qui partiront à la retraite en 2009, et verront alors leur cotisation plus que doubler.
La CGT ANPE a été la seule à s’opposer à un tel contrat qui, par ailleurs, sera mis en place au 1er janvier 2009, soit à la date où théoriquement la Nouvelle Institution serait créée. Cela pèsera alors négativement sur l’actuel contrat de groupe en place à l’assurance chômage ; il est supérieur à celui en cours de négociation et mieux pris en charge par l’employeur.
En fait, c’est l’ensemble de la couverture sociale complémentaire qui devra être renégocié à terme pour tous les personnels de la Nouvelle Institution. Ce que nous caractérisons comme un fort risque de « dumping »…
Quelle action sociale demain pour les retraités ?
La question se pose légitimement. La Direction ne fait pas mystère : elle entend que la mise en place de la Nouvelle Institution se double de la mise en place de Comités d’Entreprise qui s’élargiraient à tout le personnel, de statut public comme de droit privé ; or les C.E. n’interviennent qu’exceptionnellement pour les retraités, et ceux de l’Assurance Chômage ne le font pas. Quelle garantie demain de la continuité de l’ADASA, en particulier en direction des retraités ? Aucune ! Pourtant, vous êtes, comme les actifs, des adhérents, avec droit de vote (c’est en utilisant la liste électorale de l’ADASA que nous vous écrivons encore).
Les obligations de l’ANPE sont transférées vers la Nouvelle Institution ; or la Direction a en permanence conforté les statuts qui vous intègrent dans l’ADASA (puisque vous avez choisi de continuer à en faire partie).
Selon l’avocat de l’ADASA, la loi a créé une obligation de maintien de l’adhésion ; allons plus loin : les actifs d’aujourd’hui savent qu’ils pourront continuer à être adhérents de l’ADASA une fois en retraite – du moins tant que la majorité des 3/4 de l’Assemblée Générale de l’ADASA n’en décide pas autrement !
Tout changement en la matière serait donc une régression grave à l’encontre des retraités comme des actifs.
Certes, la Direction ne verse aucune rallonge budgétaire permettant un vrai développement de vos activités.
Mais le tremblement de terre (induit par une décision politique contestable sur le fond) que représente la fusion ANPE-ASSEDIC a de multiples conséquences néfastes, y compris sur vos droits ou votre situation…
À tous les niveaux on assiste à une véritable guerre contre les travailleurs, avec ou sans emploi, actifs ou retraités.
Mais les réactions ne sont pas inutiles : c’est aussi grâce à la dernière manifestation du 6 mars, dont l’ampleur a surpris plus d’un, que le gouvernement a été contraint de lâcher, même si c’est insuffisant, +0,8% pour les pensions cette année…
L’enjeu du 16 octobre est justement de participer à la mobilisation pour imposer une autre logique que celle de la Bourse et de la régression.
22:59 Publié dans RETRAITES | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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